LES
ORIGINES DE LA MUNICIPALITÉ |
Au siècle dernier, suivre la rivière
Batiscan reste le mode de transport privilégié
à partir de Saint-Stanislas jusqu’aux Chutes du
Manitou, terre située à l’entrée
de la Seigneurie de Ste-Anne-de-la-Pérade et propriété
des héritiers de Monsieur John Hale et plus tard
de M. Price. Selon certains auteurs, le nom de Batiscan,
d’origine amérindienne pourrait signifier : "‘brume
légère" ou "os broyé", "viande
sèche", "joncs à l’embouchure".
"Batiscan" pourrait aussi être le nom d’un
chef indien, ami de Champlain.
Un des premiers résidents, un
certain Jeanot(te) demeurait près des chutes du Manitou
au recensement de 1861 où il s’enregistre comme
indien. Près de ces mêmes chutes, au début
des années 1860, on retrouve quelques colons dont des
Veillette, Asselin, Carpentier, Thivierge, Lambert, Baillargeon,
Charest, Gervais, Perron, Lafontaine, Baribeau et Lavigueur
dit Brouillet.
La rivière Pierre-Paul qui se
jette dans la Batiscan est utilisée au siècle
dernier pour draver les billots.
Le 23
avril 1885, les colons s’entendent pour former
une paroisse qui réunira les gens des deux rives de la
Batiscan. Ainsi à cette date, Mgr Laflèche détache
une partie de Saint-Stanislas pour ériger la nouvelle
paroisse de Saint-Adelphe.
Durant 5 ans, des prêtres de Saint-Stanislas
et de Sainte-Thècle desservent Saint-Adelphe. En 1889,
sous la direction de l’abbé Janelle, les colons
bâtissent le premier presbytère et la première
chapelle, du côté est de la rivière, à
l’endroit où on trouve le cimetière actuel.
À l’automne 1890, arrive M. l’abbé
Joseph-Marie Gouin, premier curé résident.
Le 2 juillet 1891, la dite paroisse de
Saint-Adelphe dans la seigneurie de Sainte-Anne, comté
de Champlain, comprend un territoire de 186 arpents et 5 perches
de front sur une profondeur de 216 arpents. La paroisse obtient
ses lettres patentes confirmant ainsi son érection civile
et devient donc une municipalité à part entière.
À cette date, parmi les 56 familles
qui y habitent, on retrouve, en plus des familles mentionnées
ci-dessus, des Mongrain, Germain, Ayotte, Sauvageau, Gauthier,
Cossette, Côté, Boisvert, Bordeleau, Cardinal,
Tiffault, Hamelin, Brosseau, Francoeur, Roberge, St-Arneault.
Peu après, arrivent les Bureau, Douville, Trépanier,
Gagnon et Plourde.
Le premier
conseil se réunit le 21 septembre 1891 et élit
son premier maire M. Narcisse Roberge. M. F.X.A. Trudel est
nommé secrétaire-trésorier. En 1893, un
bac est construit pour relier les 2 rives de la rivière
au coût de 30 $ et ce, près de la chapelle.
Le tarif est de 0,80 $ par famille pour un an, 0,10 $
par voiture pour les non-abonnés ou non-résidents
ou 0,01 $ par piéton. Edouard Perron a la charge
du bac. En 1902, M. P.N. Chaillez de Saint-Stanislas construit
un premier pont à péage.
En 1912 un premier aqueduc en fer galvanisé
est construit dans le village. Le tarif est de 6 $ par
année. Une épidémie de variole menace en
1912 et la vaccination est obligatoire. Quatre incendies criminels
font rage dans le village. Deux suspects résidents sont
arrêtés. Une licence pour un hôtel de tempérance
est accordé à Augustin Thiffault en 1913. Le 7
mai 1914, levée de la première pelletée
de terre pour la construction de l’église actuelle.
Le curé Adélard Lamy est synonyme de grand bâtisseur.
Le 1er juillet, le Canadian National Railway inaugure son service.
Un deuxième pont à péage
remplace le premier devenu trop dangereux. Il est construit
au coût de 1 775 $ par l’entreprise Napoléon
Mongrain et Odilon Hamelin. En 1916, Joseph Perron est engagé
gardien du pont. Pour son salaire, il accepte les revenus des
passages des non-abonnés. Un règlement est adopté
en 1915 pour fixer le poids du pain. En 1915, la chapelle devient
le local des réunions du Conseil. Des trottoirs en béton
sont construits sur certaines rues du village. En 1917, le Conseil
proteste énergiquement contre la conscription et l’enrôlement
forcé qui privent l’agriculture et la foresterie
de main d’œuvre.
Autre grand feu dans le village à
cause d’un réservoir d’essence. À
l’automne de 1918, la grippe espagnole fait des ravages.
Le Dr Voisard dirige un bureau local d’hygiène.
Certains marchands commettent des infractions en vendant le
dimanche et la morale souffre par le fait que certaines femmes
amusent les jeunes gens en leur procurant des "divertissements
louches". Deux constables assureront une surveillance active
en 1919. La même année, la vitesse des automobiles
sera réduite à 8 milles à l’heure
pour éviter les bris et accidents.
En 1921, il en coûte 3,75 $
par jour/homme avec 2 chevaux pour graveler les chemins. En
1920, le péage sur le pont est aboli. En 1921, des contribuables
demandent d’accorder à M. Majorique Thiffault le
privilège d’installer un plan électrique
pour le village. MM. Amédée Roberge, Joseph Roberge
et Majorique Thiffault sont propriétaires d’aqueduc
dans le village. Le tarif est de 8$/an. En février 1922,
une amende de 25 $ est imposée à celui qui
conduira son cheval au trot sur le pont.
Le 3 avril 1922, le conseil adopte un
règlement concernant la vente et le service d’électricité
par Electric Service Corporation au taux de 1 $ par mois.
Certains contribuables demandent au conseil que M. Clovis Hébert
d’Almaville obtienne un permis pour replacer et rabouter
les membres de tout être humain ou animal. La même
année, le conseil consent à prêter 100 $
à chaque cultivateur pour acheter des graines de semence
vu leur situation difficile.
En 1923, M. O.P. Mongrain est chargé
de faire respecter le couvre-feu de 8 heures. Tous les enfants
de moins de 14 ans doivent être entrés au logis.
L’arrivée officielle de l’électricité
se fait en 1923 puisque l’autre projet n’avait pas
été réalisé. M. John Bourgeoys de
Electric Service Corp. signe un contrat avec la municipalité
pour 10 ans. Des poteaux de 30 à 40 pi. sont achetés
et seront plantés à partir du Grand Rang de Saint-Tite.
Une grande fête au village est organisée le 1er
juillet 1923 lors de l’inauguration du système
d’électricité. M. Dosithée Carpentier
est nommé constable à 0,50 $ l’heure
avec disposition d’un endroit pour y mettre les prisonniers.
Une taxe est imposée aux faiseurs de magie, de tours
de force, de vues animées, aux arracheurs de dents et
tout autre exploiteur de ce genre.
En 1924, un nouveau pont couvert est
construit au coût de 16 000$ payé en partie par
le conseil et le gouvernement. Victor Desmarais est contremaître
des travaux. Il ne faudra que 21 jours pour sa construction
en hiver.
En 1925, c’est au tour de la rivière
Pierre-Paul de recevoir un nouveau pont couvert. MM. Bruno
Roberge, Ferdinant Baillargeon, Nazaire Carpentier, Alfred Trépanier
et Gédéon Gagnon fourniront le bois et la
pierre. Thomas Normandin dirigera les travaux.
En 1927, il est question d’aménagement
d’une bâtisse pour les pompes à incendie,
lances, citerne, costume ; d’abord sur la rue de la Chapelle
puis ensuite, la bâtisse sera refaite rue Principale par
M. Aurèle Veillette, chef pompier. En 1927, on voyage
encore sur la glace pour se rendre à Saint-Stanislas.
Certains aliénés ou malades sont pris en charge
par la municipalité. Un projet d’élevage
de renards par la "Renardière Transcontinental Ltée"
est projeté dans le milieu. La Caisse Populaire est fondée
en 1929.
En 1932, le "secours direct"
aide les familles nécessiteuses grâce à
un don de 360$ du député Grant. Pour remédier
au chômage, des octrois sont votés pour faire du
gravelage sur les routes : de nombreux ouvriers en profitent.
M. Georges-Henri Thiffault est nommé secrétaire-trésorier
en 1932. L’hiver 1933 des cultivateurs incapables de payer
leurs taxes, voient leurs terres mises en vente par le conseil
du comté.
En 1936, le curé Ferron complète
le plan d’embellissement du parterre de l’église.
Le conseil accepte de payer des frais funéraires d’indigents.
Le 8 février 1937, l’on s’oppose fermement
à la participation du Canada à toute guerre en
dehors de son territoire.
M. J.-Émile Trépanier,
premier chef de gare, possède une ferme d’élevage
de renards et visons. Il est aussi co-propriétaire d’une
entreprise de construction, membre-fondateur de la Caisse et
maire en 1937. Une plainte est adressée au Ministère
des Travaux Publics car Consolidated Paper Corp. transporte
chaque année 25 000 cordes de bois de pulpe des
rangs Price et Saint-Pie : ce qui rend souvent les chemins impraticables
et cause de sérieux dommages aux 2 ponts couverts. D’autre
part, le conseil est souvent dans l’obligation d’acquitter
des frais hospitaliers ou autres pour des indigents du milieu.
M. Irénée Baillargeon demande un appui pour
obtenir un octroi lui permettant la construction d’un
moulin à scie et moulin à moudre le grain sur
la Pierre-Paul.
Grande fête en 1940 pour souligner
l’arrivée du premier curé. Le vicaire organise
les activités. Le petit pont couvert sur la Pierre-Paul
est démoli en 1958 pour faire place à un pont
en béton.
Le 4 novembre 1961, des danseurs et
chanteurs de même que les autorités municipales
et religieuses se rendent à Sherbrooke pour l’émission
de télévision : LA SOIRÉE CANADIENNE à
C.H.L.T. En février 1962, on assiste à l’établissement
de la première bibliothèque locale. Une manufacture
de gants est mise sur pied par M. Jean-Guy Delisle, rue Du Moulin.
En février 1963, la résidence
des frères (ancien collège) est détruite
par le feu. M. Hervé Dulong achète l’ancien
couvent pour fin de démolition.
À l’été 1965,
une importante course de canots est organisée sur la
Batiscan dans le cadre de la Classique Provinciale. Le vieux
pont couvert sur la Batiscan est démoli en 1968 : c’est
une perte pour notre patrimoine historique.
En 1969, Mme Marielle Trudel devient
la première femme à siéger au Conseil municipal
à Saint-Adelphe. En septembre 1972, on assiste à
la construction de la caserne de pompiers au coût de 35
992$. Au printemps 1974, un projet de résidence à
loyer modique, rue de Moulin (près du pont actuel), se
réalise au coût de 299 648 $ subventionné
à 95%. En février 1975, des démarches se
poursuivent pour doter Saint-Adelphe d’un réseau
d’aqueduc et d’égouts. Le secrétaire-trésorier
M. Geo.-H. Thiffault décède subitement après
avoir servi fidèlement la municipalité pendant
44 ans.
Fermbec (ancien nom de Fermco) acquiert
un terrain de la municipalité pour fins industrielles.
Le 5 juillet 1978, le feu détruit 5 résidences
et bâtisses attenantes jetant 6 familles sur le pavé
dans le secteur sud-ouest de la rivière. Le festival
des chantiers parrainé par le Club Optimiste local connaît
beaucoup de succès.
Au début des années 80,
la municipalité demande de faire partie de la M.R.C.
Mékinac.
En décembre 1984, la Corporation Municipale se dote de
véritables armoiries avec le concours de la Société
d’histoire locale : la devise en sera : FIDÈLE
À SON DEVOIR.

En 1985, s’organisent les grandes fêtes du Centenaire
de l’érection canonique de la paroisse sous la
présidence de M. Jacques Thiffault. Un éventail
d’activités des plus colorées animent le
milieu tout au cours de l’année. Cette même
année, on assiste aussi à la naissance d’un
journal municipal mensuel : LE REFLET MUNICIPAL.
L’année 1987 voit la création
d’un motel industriel et une Corporation de développement
soucieuse d’attirer des industries est mise sur pied.
Installation en 1988 de Industrie Savtech,
spécialisée dans la transformation du bois. Machinerie
Roberge continue de progresser avec ses souffleuses à
neige et autres machineries de type agricole. J. et L. Gagnon
s’affirment dans l’élevage aviaire.
Le pont enjambant la rivière
Batiscan reçoit le nom de Odile-Germain-Perron, nom d’une
sage-femme du milieu ayant procédé à plus
de 400 accouchements.
Un important tremblement de terre secoue
la région le 25 novembre 1988. En 1990, un comité
est mis sur pied pour souligner cette fois le centenaire civil
( première réunion du conseil ). M.
Jacques Thiffault est sollicité à nouveau pour
en assurer la présidence. Le parc municipal portera le
nom de J.-M.-A-Gouin, premier curé résident. Rédaction
d’un livre sur l’histoire municipale lancé
à l’automne 1991.
Les balises pour la création d’un
important projet d’aqueduc, égouts et assainissement
des eaux usées sont fixées sous l’impulsion
du maire Réjean Lefebvre et des conseillers en place.
Ce projet se réalisera sous la gouverne d’un ex-conseiller,
devenu maire en 1993 : M. Jacques Thiffault. Les grands travaux
d’infrastructures se poursuivront durant 4 ans avec la
réfection du réseau routier périphérique.
Saint-Adelphe continue de travailler pour contrer l’exode
des jeunes, le vieillissement de la population, le manque d’industries,
la désertion des rangs et la baisse de population. Des
organismes comme le Conseil municipal, l’Afeas,
la Société d’histoire,
la Corporation de Développement, la FADOQ,
la Société Saint-Jean-Baptiste,
la Fabrique et autres…se
donnent la main pour faire de notre milieu un endroit où
il fait bon vivre.
Jacques THIFFAULT


POUR
POURSUIVRE LA DÉCOUVERTE DE L'HISTOIRE DE NOTRE MUNICIPALITÉ
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SITE DE LA
SOCIÉTÉ
D'HISTOIRE DE ST-ADELPHE
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DU LIVRE

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